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Vous ne trouverez pas ici de critiques littéraires au sens strict du terme mais tout simplement la présentation d'ouvrages ou d'auteurs pour vous les faire découvrir, si vous ne les connaissez déjà ou vous donner l'envie de les lire, si ce n'est déjà fait.

 

La trilogie grecque

Pukhtu

Zulu / Mapuche / Condor

 

markarisTrilogie de la crise

Trois romans : de Pétros Markaris

Aux éditions du Seuil (disponibles en livres numériques)

- Liquidation à la grecque 

- Le justicier d'Athènes

- Pain, Education, Liberté

La crise grecque vue par cet auteur grec comptenporain de romans policiers. On retrouve pour ceux qui ont lu ses précédents ouvrages le commissaire Costas Charitos. Et le commissaire se transforme dans ces trois romans en médecin légiste. Un medecin légiste, qui nous donne à observer non pas les entrailles d'un cadavre, mais la société grecque, ses travers et ses errements sociétales et politiques depuis des décennies et peut-être même depuis la création de l'Etat moderne dans les années 1830. Petites combines ordinaires du peuple, corruption généralisée des élites.

Relevons ce passage d'un des ouvrages de cette trilogie : "L’État grec est la seule mafia au monde qui a réussi à faire faillite. Toutes les autres croissent et prospèrent."

Notons qu'avant cette "crise", l'Etat avait été déclaré deux fois en faillite, la première fois en 1893, la seconde en 1932. Des faillites dues sans doute à ses faiblesses structurelles mais aussi aux politiques des puissances occidentales à son égard. La Grèce est souvent tombée. On l'a peut-être par moment un peu poussée.

Voici les résumés de l'éditeur pour chacun des ouvrages :

"Mort aux banquiers ! À Athènes, on retrouve plusieurs personnalités du monde de la finance décapitées, tandis que des tracts inondent la ville, appelant les clients des banques à ne plus rembourser leurs emprunts. Le commissaire Charitos mène l’enquête, affrontant ses collègues, les éternels embouteillages d’Athènes et la crise qui ravage le pays. La patience et l’humanité de ce Maigret hellène le mèneront jusqu’à un bien étrange assassin…"

"De la ciguë. Comme pour Socrate. Tandis que chaque jour, Athènes, paralysée par des manifestations, menace de s'embraser, un tueur sème la mort antique. Mais en ciblant de riches fraudeurs fiscaux, d'assassin il devient héros populaire. Le stopper, c'est l'ériger en martyr; le laisser libre, c'est voir la liste des cadavres s'allonger. En bon flic, Charitos se doit de l'arrêter. En bon citoyen..."

"2014. À Athènes, la survie quotidienne est de plus en plus difficile pour les citoyens appauvris et pour les immigrés harcelés. C'est alors qu'un tueur en série jette son dévolu sur des personnalités d'envergure issues de la génération de Polytechnique qui, après s'être rebellées contre la junte militaire, ont eu une carrière fulgurante. Le criminel reprend le célèbre slogan des insurgés de l'époque pour formuler sa revendication : " Pain, éducation, liberté". 
Qui se cache derrière ces meurtres ? Un membre de l'extrême droite ou un ancien gauchiste mû par le désir de vengeance ? Le commissaire Charitos, privé de son salaire depuis trois mois, tente avec sa ténacité habituelle de comprendre les mobiles du coupable." 

 Nous vous conseillons également l'excellente analyse réalisée sur le site : openingeditions (cliquez sur l'icone pour y accèder)

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puktu
Pukhtu
 
Comment qualifier le genre de ces livres, "romans noirs", "thrillers", "polars"??? A vous de choisir ou pas. Le mieux c'est encore de les lire sans à priori.
Ecrit par DOA nom de plume d'un écrivain français et pseudonyme faisant référence à "Dead On Arrival" (la mort au bout), film américain des années 1950.
Paru en 2017 chez Gallimard.
Résumé de l'éditeur :
Primo  "Un chef de clan pachtoune en quête de vengeance après la mort de ses enfants dans une attaque de drone ; une société de sécurité privée aux relations troubles ; un ancien militaire français manipulé par la CIA pour infiltrer un réseau de mercenaires ; un conseiller occulte de la République française aux étranges amitiés ; deux journalistes prêts à sacrifier leur carrière et plus encore pour la vérité. 
Les destinées de ces personnages à l'ombre du monde se lient dans une vaste fresque noire, terriblement actuelle, entre Asie centrale, Afrique, Amérique du Nord et Europe. Vertigineux."
Segundo "Quelque part entre les montagnes d'Afghanistan, les vallées du Kosovo, les rivages du Mozambique et les belles avenues parisiennes, les personnages de Pukhtu : Primo continuent de se battre, entre eux, contre eux-mêmes, gagnés par la fièvre de la guerre, pris dans l'écheveau d'un trafic de drogue mondialisé. Leur quête de vengeance, de pouvoir, de vérité et d'honneur va bientôt toucher à sa fin, au terme d'un suspense noir et puissant. 
La fin d'un long voyage clandestin, d'un cycle, d'une époque."
Il y a du James Ellroy dans cet écrivain. Même densité, même style d'écriture, même documentation, même attirance pour le détail. Ces deux volumes peuvent se comparer à la trilogie "American Underworld Trilogy". 
Ces ouvrages n'ont apparament rien de commun. L'une des histoires commencent en 1555, l'autre est comptemporaine. L'une se déroule sur une partie du territoire que l'on nommait à l'époque "la France antartique" et qui deviendra le Brésil, l'autre principalement en Afghanistan avec des ramifications en Afrique et en en France. Et pourtant...
On y retrouve des conflits armés, des guerres de religion, des profiteurs de guerre, la violence, la pasion, l'amour, le sexe, la haine, la recherche du pouvoir, la fidélité, l'honneur, la trahison, l'intrigue, la vengeance, le crime, le gout du lucre, l'esprit de sacrifice, l'obscurantisme, l'idéalisme, la violence, les deux souvent mêlées. 
On y fait le mal autant par mauvaises intentions que par idéalisme. Et puis toujours... la méfiance voire la haine des femmes.
On y trouve le caractère tragique d'un monde dans le lequel on ne peut échapper à ces passions, à ces turpitudes. Irrémédiablement, oui diablement. De l'un à l'autre, tout recommence comme si le temps était cyclique, comme si le présent n'était qu'une répétition à peine différente du passé non pas dans une rigoureuse exactitude historique mais toujours provoquée par les mêmes causes et les mêmes sentiments qui les motivent. Comme si la liberté des destins individuels, ne pouvait s'exercer que dans les contraintes d'un contexte que nous ne choisissont pas. Un contexte différent mais étrangement semblable. Un peu comme la même pièce de théatre à jamais écrite qui se rejouerait dans des décors différents.

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Ferrey Zulu / Mapuche / Condor

Auteur : Caryl Ferey

Publiés en 2008 - 2012 - 2016 aux éditions Gallimard - disponibles en Folio policier

 Les résumés de l'éditeur :

Zulu : "Enfant, Ali Neuman a fui le bantoustan du KwaZulu pour échapper aux milices de l'Inkatha, en guerre contre l'ANC, alors clandestin. Même sa mère, seule rescapée de la famille, ne sait pas ce qu'elles lui ont fait... Aujourd'hui chef de la police criminelle de Cape Town, vitrine de l'Afrique du Sud, Neuman doit composer avec deux fléaux majeurs : la violence et le sida, dont le pays, première démocratie d'Afrique, bat tous les records. Les choses s'enveniment lorsqu'on retrouve la fille d'un ancien champion du monde de rugby cruellement assassinée dans le jardin botanique de Kirstenbosch. Une drogue à la composition inconnue semble être la cause du massacre. Neuman qui, suite à l'agression de sa mère, enquête en parallèle dans les townships, envoie son bras droit, Brian Epkeen, et le jeune Fletcher sur la piste du tueur, sans savoir où ils mettent les pieds... Si l'apartheid a disparu de la scène politique, de vieux ennemis agissent toujours dans l'ombre de la réconciliation nationale…"

Mapuche : "Rubén, fils du célèbre poète Calderon assassiné dans les geôles de la dictature argentine, est un rescapé de l'enfer. Trente ans plus tard, il se consacre à la recherche des disparus du régime de Videla. Quand sa route croise celle de Jana, une jeune sculptrice Mapuche qui lui demande d'enquêter sur le meurtre de son amie Luz, la douleur et la colère les réunissent. Mais en Argentine, hier comme aujourd'hui, il n'est jamais bon de poser trop de questions, les bourreaux et la mort rôdent toujours…"

Condor : "Dans le quartier brûlant de La Victoria, à Santiago, quatre cadavres d'adolescents sont retrouvés au cours de la même semaine. Face à l'indifférence des pouvoirs publics, Gabriela, jeune vidéaste Mapuche habitée par sa destinée chamanique et les souffrances de son peuple, s'empare de l'affaire. Avec l'aide de son ami Stefano, militant rentré au Chili après plusieurs décennies d'exil, et de l'avocat Esteban Roz-Tagle, dandy abonné aux causes perdues qui convertit sa fortune familiale en litres de pisco sour, elle tente de percer le mystère. Dans un pays encore gangrené par l'héritage politique et économique de Pinochet, où les puissances de l'argent règnent en toute impunité, l'enquête dérange, les plaies se rouvrent, l'amour devient mystique et les cadavres s’accumulent..."

 Commentaires :

Avec Caryl Ferey, on se perd un peu entre une multitude de personnages et des rebondissements à chaque pages. Raison de plus pour le lire. Et puis ça tombe bien, j’adore me perdre. Bref, il faut lire Ferey pour son sens de l’intrigue. On peut lui reprocher des scènes qui tournent parfois un peu au western. Ces héros apparaissent par moment comme jouant un peu trop au superman dans des situations d'où ils se sortent par miracle. 

Mais il a le don d’insérer l’histoire fictive de ses personnages dans la grande histoire, celle avec un grand H, comme l’on dit. Et il nous rappelle justement qu’il ne faut pas oublier que cette grande histoire est faite de destins individuels, d’histoires cruelles, de vies brisées, d’amour, de haine, de passion, d’idéalisme et d’égoïsme, d’actes héroïques et de saloperies. Encore une fois, il faut lire Ferey, c’est passionnant quand il nous entraine dans un labyrinthe d’intrigues romancées qui finissent toujours par remonter à la surface de notre réalité.

Voici un extrait tiré de Zulu : "Krugë étouffait l’affaire pour des raisons qui lui échappaient, ou plutôt qui le dépassaient. Mais Brian n’étai pas dupe. Face à la concurrence des marchés mondiaux, les Etats souverains ne pouvaient quasiment rien faire pour endiguer les pressions de la finance et du commerce globalisé, sous peine de s’aliéner  les investisseurs et menacer leur PNB : le rôle des Etats se cantonnait aujourd’hui à maintenir l’ordre et la sécurité au miieu du nouveau désordre mondial dirigé par des forces centrifuges, extraterritoriales, fuyantes, insaisissables. Plus personne ne croyait raisonnablement au progrès : le monde était devenu incertain, précaire, mais la plupart des décideurs s’accordaient à profiter du pillage opéré par les flibustiers de ce système fantôme en attendant la fin de la catastrophe. Les exclus étaient repoussés vers les périphéries des mégalopoles réservées aux gagnants d’un jeu anthropophage où télévision, sport, pipolisation du vide canalisaient les frustrations individuelles, à défaut de perspectives collectives."

 

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