Changer d'espace

Maison1Accueil

Air du temps

Voyages

logomutimodevie1210x310 

Espace : Mode de vie

Choix d'un titre ou d'un auteur : Cliquez sur une image pour lire les commentaires. 

Vous ne trouverez pas ici de critiques littéraires au sens strict du terme mais tout simplement la présentation d'ouvrages ou d'auteurs pour vous les faire découvrir, si vous ne les connaissez déjà ou vous donner l'envie de les lire, si ce n'est déjà fait.

 Hillerman laroute   AvrilRouge  cendresamazonie rougebresil  cartespostales 
 Tony Hillerman  La route Avril rouge  Cendres d'Amazonie  Rouge Brésil  Carte postales de Grèce 

  

 

HillermanTony Hillerman

Tony Hillerman est né le 27 mai 1925 à Sacred Heart, Oklaoma et mort le 26 octobre 2008 à Albuquerque, Nouveau Mexique. Après la seconde guerre mondiale, il va travailler dans le journalisme qu'il enseignera jusqu'en 1987 à l'université d'Albuquerque. Il dira s'être inspiré de l'écrivain australien Arthur Upfield. A coté de quelques essais et romans policiers classiques, il batira son oeuvre dans un genre que l'on dénomme souvent comme "l'ethno-polar". C'est en 1970 qu'il publie son premier roman de ce type sous le titre "La voie de l'ennemi". Quasiment tous ses romans se passent dans la région des "Four corners", à la frontière du Nouveau-Mexique et de l'Arizona dans la réserve des indiens Navajos. Il met en scène deux inspecteurs de la police tribale : Joe Leaphorn et Jim Chee. 

 CarteArizona  reserveNavajo
Carte Arizona (U.S.A.) Réserve Navajo

 

Ces romans sont l'occasion de nous faire découvrir les habitants de cette région du sud-ouest des Etats-Unis. Il nous fait partager les coutumes des indiens Navajos en particulier celle de la tradition orale et du chant, le caractère sacré des montagnes, les cérémonies religieuses et leur goût pour la magie et l'occulte. Ses ouvrages participent à la réhabilitation des civilisations amérindiennes entreprise depuis de nombreuses années soit par des sociologues ("Ce que nous devons au Indiens d'Amérique"), soit au travers de films comme "Little Big Man" ou "Danse avec les loups".

Certains de ses romans ont été portés à l'écran, d'autres ont fait l'objet de téléfilms.

Voici deux sites pour continuer d'aller à la rencontre de cet auteur sachant que la meilleure façon de le découvrir est encore de le lire.

Le Monde : un interview de Tony Hillerman

Polar-Pourpres : Bibliographie

 

Retour2 RetourAccueil mdv

 

 

larouteLa route

Un roman de Cormac Mac Carthy, publié en 2006 et porté à l'écran fin 2009. Mc Carthy est né aux Etats-Unis dans l'état de Rhode Island en 1933. Il est entre autre connu pour "Un enfant de Dieu", "La trilogie des confins", "No country for old men,"...
 
Un résumé du livre : "Il y a maintenant plus de dix ans que le monde a explosé. Personne ne sait ce qui s'est passé. Ceux qui ont survécu se souviennent d'un gigantesque éclair aveuglant, et puis plus rien. Plus d'énergie, plus de végétation, plus de nourriture... Les derniers survivants rôdent dans un monde dévasté et couvert de cendre qui n'est plus que l'ombre de ce qu'il fut. C'est dans ce décor d'apocalypse qu'un père et son fils errent en poussant devant eux un caddie rempli d'objets hétéroclites - le peu qu'ils ont pu sauver et qu'ils doivent protéger. Ils sont sur leurs gardes, le danger guette. L'humanité est retournée à la barbarie. Alors qu'ils suivent une ancienne autoroute menant vers l'océan, le père se souvient de sa femme et le jeune garçon découvre les restes de ce qui fut la civilisation. Durant leur périple, ils vont faire des rencontres dangereuses et fascinantes. Même si le père n'a ni but ni espoir, il s'efforce de rester debout pour celui qui est désormais son seul univers."
 
 
La route de Mc Carthy, c'est l'histoire d'une errance sans fin. Il n'y a plus d'ici. Il n'y a plus qu'ailleurs et nulle part. Dans un monde sans feu ni lieu, les hommes sont devenus sans foi ni loi. De fait, il ne règne qu'une loi, la sienne.
Il reste un peu de vie. "Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir" dit le proverbe. Mais c'est l'inverse qui est vrai. Tant qu'il reste un espoir, il y a de la vie. Pas d'espoir et la vie s'évapore. Il reste le suicide et/ou la destruction de l'autre. 
Pour eux, plus d'espoir. Pas de repos seulement la route sans fin. Pas le plaisir de l'insouciance seulement la dure loi de la survie à tout prix. Pas un souffle de paix, seulement la lutte contre soi-même et contre les autres. C'est l'absurde du sort de cet homme et de son enfant qui transparait à chaque page du roman. Et si ce n'était assez de leur désarroi, d'autres hommes s'ingénient à encore ajouter du malheur au malheur.
Le pire, c'est qu'il préssent que l'humanité va disparaitre. Il n'y a même plus le sentiment d'être le maillon d'une chaine. Il n'y a plus de projet, celui de se battre pour transmettre, d'être un passeur de témoin.
Ils ne sont déjà plus rien. D'ailleurs dans le livre, il n'ont pas de patronyme. C'est l'Homme, le Petit.
 
"Les jours se traînaient sans date ni calendrier. Le long de l'autoroute au loin, de longue files de voitures carbonisés en train de rouiller. (...) Dix mille rêves dans le sépulcre de leurs coeurs passés au gril. Ils continuaient."
 
Mais au-delà de la description de ce monde dévasté, sans lumière, jonché de cadavres et de désolation, n'est-ce pas notre condition humaine que l'auteur veut nous faire toucher du doigt. En décrivant cette errance sans fin, ne veut-il pas nous dire que la vie est un chemin avec la mort au bout? La vie a toujours été depuis son apparition une tragédie et un combat. Notre société consumériste nous l'a peut-être trop vite fait oublier. Un combat perdu d'avance. Mais n'est-ce pas les plus beaux!
Seul le petit porte encore, sans doute dans la naîveté de l'enfance, un embryon de rêve. A bout de force, l'homme voit venir la fin du parcours.
"Je ne peux venir avec toi. Il faut que tu continues.
....
Je veux venir avec toi.
...
Tu ne peux pas. Il faut que tu portes le feu.
Je ne sais pas comment faire.
...
Si, tu  le sais. Il est au fond de toi. Il y a toujours été. Je le vois.
...
Tu disais que tu ne m'abandonnerais jamais.
Je sais. Je te demande pardon. (...) Si je ne suis plus ici tu pourras encore me parler. Tu pourras me parler et je te parlerai. (...) Ne renonce surtout pas"
 
Il est recueilli par un couple et leurs enfants et ne renonça pas à parler à son père :
"Il essayait de parler à Dieu mais le mieux c'était de parler à son père et il lui parlait vraiment et il n'oubliait pas. La femme disait que c'était bien. Elle disait que le souffle de Dieu était encore le souffle de son père bien qu'il passe d'une créature humaine à une autre au fil des temps éternels."
 
 
 
Retour2 RetourAccueil mdv

 

 

AvrilRougeAvril rouge

Un roman de Santiago RONCAGLIOLO, publié en 2009. Santiago RONCAGLIOLO est né en 1975 à Lima (Pérou). Il est scénariste pour la télévision et le cinéma, traducteur et critique littéraire. Genre policier édité au Seuil dans la collection "Points".

Résumé de l'éditeur :"Un corps est retrouvé calciné, une croix sanglante tracée à la hache sur le front. Félix Chacaltana, substitut du procureur dans la ville d'Ayacucho, s'interroge. Est-ce un retour des terroristes du Sentier lumineux ? Ou des catholiques fanatiques, qui célèbrent à leur manière le mercredi des Cendres et la semaine sainte ? Ce qui est certain, c'est qu'Ayacucho mérite son nom de « coin des morts »".

Le livre de Roncagliolo "Avril rouge"  est un polar qui se situe en mars 2000 et débute par un crime. Jusque là rien d'extraordinaire pour un roman policier. Félix Chacaltana Saldivar, substitut au procureur du district de Huamanga, se voit confier un dossier sur la mort d'un homme dont le corps est retrouvé calciné dans une grange. Chacalcana doit faire face au mutisme de la police et de l'armée et malgré lui, il va se retrouver à enquêter. Crime "ordinaire" ou résurgence du Sentier Lumineux. L'action remise dans son contexte sociopolitique nous plonge dans les coulisses d'un conflit entre l'armée et la guérilla du Sentier Lumineux" des années 1980-1990 et de la terrible répression subie par les populations locales, victimes co-latérales de cette lutte sans merci. On y trouve également de nombreuses références à la culture andine. Tout cela fait de ce livre autre chose qu'un simple "polar", un témoignage sur une époque et sur un pays.

L'auteur évite les jugements simplistes. Tous les personnages, sendiéristes, policiers, militaires, curés y compris l'enquêteur, ont leur part d'ombre. Des personnages tourmentés comme l'époque qui revient en toile de fond et à laquelle le livre fait référence.

En voici un passage :

"Le spectacle, à l'intérieur, le déconcerta. Tout d'abord, il lui sembla voir seulement des caisses, de vieilles caisses défoncées et mises en pièces, entourées de tissus rongés par la poussière et la vermine. Mais peu après, ce en quoi il avait cru voir des roches et de la terre prit sous ses yeux des formes plus précises. C'étaient des membres humains, des bras, des jambes, certains à demi réduits en poudre par le temps, d'autres aux os nettement dessinés, au milieu de tissus et de cartons, des têtes noires et terreuses entassées les unes sur les autres, tout un tas de restes humains de plusieurs mètres d'épaisseur. On ne voyait même pas la fin de cette accumulation d'os et  de cadavres désséchés."

et puis ce dialogue entre l'enquêteur et le commandant (sans doute responsable de certains massacres) :

"Vous croyez que nous sommes une bande d'assassins, n'est-ce-pas, Chacaltana? (...) Je ne sais pas... pourquoi vous dites ça commandant.

-Ne faites pas pas l'âne, Chacaltana (...) Je sais aussi déchiffrer les expressions d'un visage. (...)

Le commandant laissa passer quelques minutes avant de reprendre la parole :

- Vous êtes-vous déjà trouvé en pleine guerre, Chacaltana?

- Comment, Monsieur?

- Je vous demande si vous avez connu la guerre, si vous vous êtes trouvé au milieu des coups de fusil et des bombes. (...)

Vous êtes vous jamais senti cerné par le feu, conscient que votre vie, à ce moment-là, ne vaut pas une merde? Vous êtes vous trouvé dans un village plein de gens dont vous ne savez pas s'ils vont vous aider ou vous tuer? Avez-vous vu vos amis tomber au combat? Avez-vous rompu le pain avec des hommes en sachant que c'était sans doute la dernière fois, que vous les reverriez problablement plus que dans un cercueil? (...)

Non, vous n'en avez pas la moindre idée. Vous étiez à Lima, pendant ques les vôtres mouraient, et vous lisiez des poêmes (...) Vous les intellectuels, vous méprisez les militaires parce que nous ne lisons pas (...) Notre problème, c'est que nous sommes sans cesse plongés jusqu'aux couilles dans la réalité. Nous n'avons jamais lu ces belles choses dont parlent les livres."

Voir aussi sur ce site :

les ouvrages  "¿Donde estan?" et/ou Le sentier lumineux  et l'article  "Ayacucho"

 

Retour2 RetourAccueil mdv
Page précédente

 

 

cendresamazonieCendres d'Amazonie

Un roman de Milton Hatoum né en 1952 à Manaus (Etat Amazonas - Brésil) publié en 2008 aux éditions Actes Sud

Résumé de l'éditeur :

"Manaus : une île fiévreuse et tragique fichée au coeur de l’Amazonie. Luxe tapageur pour les héritiers du caoutchouc et dénuement endémique pour les damnés de cette terre détrempée. Deux garçons s’y voient obligés de choisir à l’âge d’homme entre l’obéissance et la révolte : un orphelin méritant espère trouver dans le droit la justice sociale, quand le fils rebelle d’un propriétaire terrien cherche dans l’art le salut du monde. Ils sont amis à la vie à la mort, et c’est la nécessité de la différence de l’autre qui cimente leur relation. Le fils bohème est en lutte contre le père, l’épais humus de la province, la morale dominante ; autant de positions radicales que lui envie un ami certes libre de toute autorité parentale, mais qui n’a pas été éduqué à choisir. Ils sont les deux visages d’une génération élevée sous la chape de la dictature. Chacun poursuit des chimères, incapables qu’ils sont tous deux de desserrer les mâchoires d’un étau familial et géographique anthropophage. La modernité ronge l’identité des espaces primitifs symboliques de l’Amazonie, en écho à leurs blessures intimes. De leurs rêves d’avenir ne restent que des cendres, charriées par le fleuvemer, et Milton Hatoum de poser ici une pierre cardinale à l’édification de sa singulière “Comédie humaine."

Manaus Brazi1l

Un roman qui nous décrit une facette de l'histoire de ce coin du monde en se penchant sur l'histoire singulière des personnages. Un histoire où l'on perçoit toute la violence, la complexité, la sensualité, la sauvagerie de la "selva" à travers, les évenements, les sentiments et les agissements de ceux qui la font vivre. On s'aime autant qu'on se déchire. On se fuit, on se cherche. Une histoire humaine tout compte fait.

 

Retour2 RetourAccueil mdv
Page précédente

 

cartespostalesCartes postales de Grèce

Un roman de Victoria Hislop publié aux éditions "Les Escales" en 2017 - disponible en Livre de Poche

Ellis Thomas vit à Londres. Elle s’ennuie et s’étiole dans un travail qui ne lui procure aucune satisfaction. Un jour le facteur lui dépose une carte postale de Grèce simplement signé A. Puis de semaine en semaine d’autres vont suivre à une cadence régulière sans qu’elle sache qui en est l’auteur ni pourquoi elle les reçoit.

Intriguée mais amusée par cette correspondance qui lui apporte un peu de soleil dans sa vie morose, elle commence à s’habituer quand les envois cessent.

Elle décide subitement d’entreprendre un voyage en Grèce. Alors qu’elle est sur le départ, lui arrive un paquet par la poste contenant un journal intime où est consigné le périple effectué en Grèce par le dénommé A.

Tandis qu’elle voyage en Grèce, elle décide de le lire. On découvre le parcours et les aventures de l’auteur en même temps que ceux d’Ellis. L’un et l’autre nous projètent dans l’âme grecque au gré de leurs visites et de leurs rencontres. On est entrainé à la découverte du pays et de son quotidien comme de son histoire récente ou antique. On finira aussi par connaitre le secret de cet homme, et de la blessure qui l'a poussé à la rédaction de ce journal, mais qui retrouve finalement la paix intérieure tout comme Ellis la joie de vivre en découvrant grâce à ce voyage où se niche le vrai bonheur et une forme de plénitude.

Un livre écrit d’une écriture douce et limpide, où se mélange les interrogations de deux êtres et la beauté d’un pays, la Grèce qui finit par les révéler à eux mêmes.

 

Retour2 RetourAccueil mdv
Page précédente

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir