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Le hasard des lectures m'ont amené à lire deux ouvrages en parallèle, alternativement en passant de l'un à l'autre. Il m'est resté comme le sentiment étrange d'avoir peut-être lu le même livre.

Rouge Brésil

rougebresil
Roman historique de Jean Christophe Ruffin paru chez Gallimard en 2014
 
Résumé de l'éditeur :
"La grande aventure des Français au Brésil est un des épisodes les plus extraordinaires et les plus méconnus de la Rennaissance.
Rouge Brésil raconte l'histoire de deux enfants, Just et Colombe, embarqués de force dans cette expédition pour servir d'interprètes auprès des tribus indiennes. Tout est démesuré dans cette aventure. Le cadre: la baie sauvage de Rio, encore livrée aux jungles et aux Indiens cannibales. Les personnages - et d'abord le chevalier de Villegagnon, chef de cette expédition, nostalgique des croisades, pétri de culture antique, précurseur de Cyrano ou de d'Artagnan. Les événements: le huis clos dramatique de cette France des Tropiques est une répétition générale, avec dix ans d'avance, des guerres de religion.
Fourmillant de portraits, de paysages, d'action, Rouge Brésil écrit dans une langue à l'ironie voltairienne, prend la forme d'un roman d'éducation et d'amour.
Mais plus profondément, à travers les destins et les choix de Just et de Colombe, ce livre met en scène deux conceptions opposées de l'homme et de la nature. Et il fait revivre le monde disparu des Indiens, avec sa cruauté mais aussi son sens de l'harmonie et du sacré, le permanent appel du bonheur..."
Et l'auteur nous dit : "[...] lui avait montré avec quelle facilité la haine peut se travestir en amour, la noirceur en beauté, la chasteté en corruption et comment les dehors de la tendresse pouvaient dissimuler la sombre volonté du meurtre."
Que tout cela nous apparait comme comtemporain !
 
"les guerres de religions sont toujours une providence pour les criminels. La violence tout à coup devient sainte; [...] licence leur est donnée par un Dieu d'accomplir les infamies dont ils ont longtemps rêvé."  
On pourrait dire la même chose des guerres entre nations ou des révolutions. Indépendament du caractère religieux des hommes peuvent trouver dans la défense de la patrie ou bien dans une idéologie politique des justifications à leur gout du meurtre ou leur esprit criminel. 
Dans cette France du bout du monde, un débat s'intitue entre tenant du Catholicisme et du Protestantisme. Mais ce n'est qu'un dialogue de sourd où le doute et la raison n'ont pas cours. L'un des protagonistes va lancer sans doute à bout d'arguments :
- "Dieu n'est pas un affaire négociable." 
- "Oui, cessez, confirma-t-il de nous parler de raison, de débat, de compromis. On ne peut servir Dieu que par la force."
Voilà, il n'y avait plus rien à dire. Les armes avaient la parole.
Souvent ceux qui prêche l'amour, la justice, le bien ne le font que pour dissimuler ou contenir en eux la haine, le mal, leur dégout du monde et des autres. Assez de discours de prêches, d'imprécations. Place à l'exemple! Ce qui ne signifie pas que chaque individu doit êre irréprochable. Le monde deviendrait ennuyeux. Mais que l'on essaye pour le moins de se rappprocher de ce que l'on dit, de ce que l'on prétend être. Assumons ce que l'on est mais en sachant que le pire des défauts ou des péchés, c'est selon, est à coup sûr l'hypocrisie.
 
 
 Pukhtu
puktu
Comment qualifier le genre de ces livres, "romans noirs", "thrillers", "polars"??? A vous de choisir ou pas. Le mieux c'est encore de les lire sans à priori.
 
Ecrit par DOA nom de plume d'un écrivain français et pseudonyme faisant référence à "Dead On Arrival" (la mort au bout), film américain des années 1950.
 
Paru en 2017 chez Gallimard.
 
Résumé de l'éditeur :
Primo  "Un chef de clan pachtoune en quête de vengeance après la mort de ses enfants dans une attaque de drone ; une société de sécurité privée aux relations troubles ; un ancien militaire français manipulé par la CIA pour infiltrer un réseau de mercenaires ; un conseiller occulte de la République française aux étranges amitiés ; deux journalistes prêts à sacrifier leur carrière et plus encore pour la vérité. 
Les destinées de ces personnages à l'ombre du monde se lient dans une vaste fresque noire, terriblement actuelle, entre Asie centrale, Afrique, Amérique du Nord et Europe. Vertigineux."
Segundo "Quelque part entre les montagnes d'Afghanistan, les vallées du Kosovo, les rivages du Mozambique et les belles avenues parisiennes, les personnages de Pukhtu : Primo continuent de se battre, entre eux, contre eux-mêmes, gagnés par la fièvre de la guerre, pris dans l'écheveau d'un trafic de drogue mondialisé. Leur quête de vengeance, de pouvoir, de vérité et d'honneur va bientôt toucher à sa fin, au terme d'un suspense noir et puissant. 
La fin d'un long voyage clandestin, d'un cycle, d'une époque."
Il y a du James Ellroy dans cet écrivain. Même densité, même style d'écriture, même documentation, même attirance pour le détail. Ces deux volumes peuvent se comparer à la trilogie "American Underworld Trilogy". 
Ces ouvrages n'ont apparament rien de commun. L'une des histoires commencent en 1555, l'autre est comptemporaine. L'une se déroule sur une partie du territoire que l'on nommait à l'époque "la France antartique" et qui deviendra le Brésil, l'autre principalement en Afghanistan avec des ramifications en Afrique et en en France. Et pourtant...
On y retrouve des conflits armés, des guerres de religion, des profiteurs de guerre, la violence, la pasion, l'amour, le sexe, la haine, la recherche du pouvoir, la fidélité, l'honneur, la trahison, l'intrigue, la vengeance, le crime, le gout du lucre, l'esprit de sacrifice, l'obscurantisme, l'idéalisme, la violence, les deux souvent mêlées. 
On y fait le mal autant par mauvaises intentions que par idéalisme. Et puis toujours... la méfiance voire la haine des femmes.
On y trouve le caractère tragique d'un monde dans le lequel on ne peut échapper à ces passions, à ces turpitudes. Irrémédiablement, oui diablement. De l'un à l'autre, tout recommence comme si le temps était cyclique, comme si le présent n'était qu'une répétition à peine différente du passé non pas dans une rigoureuse exactitude historique mais toujours provoquée par les mêmes causes et les mêmes sentiments qui les motivent. Comme si la liberté des destins individuels, ne pouvait s'exercer que dans les contraintes d'un contexte que nous ne choisissont pas. Un contexte différent mais étrangement semblable. Un peu comme la même pièce de théatre à jamais écrite qui se rejouerait dans des décors différents.