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Espace : Voyages

Tourisme : le mot vient du français "tour" qui désigne un trajet circulaire. Il donnera plus tard le mot anglais "tourist" qui sera repris dans la langue française. Comme quoi même les môts voyagent.

Tourisme05Le tourisme débute avec ce que l'on appelait avant le 18e siècle le "Grand tour". Il s'agissait d'un voyage en Europe entrepris traditionnellement par de jeunes nobles des cours européennes. 

Le terme de « tour » devint populaire en Grande-Bretagne au 18e siècle, quand le «Grand Tour of Europe» est intégré à l'éducation des jeunes et riches gentilshommes et aristocrates britanniques.

Les aristocrates britanniques du 18e siècle étaient particulièrement attachés au «Grand Tour». C'était un peu comme un parcours intitiatique qui les amenait à la découverte des richesses artistiques et archéologiques de de toute l'Europe et peut-être aussi d'autres choses.

Le mot commencera à entrer dans les dictionnaires au début du 19e siècle lorsque cette jeunesse parcoure l'Europe en nombre. Le tourisme de cette époque était fondamentalement élitiste, voyages culturels ou d'agrément.

Dans son dictionnaire de la langue française, Emile Littré en donnait cette définition : « Touriste : Il se dit des voyageurs qui ne parcourent des pays étrangers que par curiosité et désœuvrement, qui font une espèce de tournée dans des pays habituellement visités par leurs compatriotes. Il se dit surtout des voyageurs Anglais en France, en Suisse et en Italie. » 

Le tourisme suppose plusieurs ingrédients. D'abord, sans doute, une envie d'appréhender d'autres cultures et un gout de la découverte. Ensuite, possèder la liberté de passer son temps à des activités autres que de gagner sa vie, c'est à dire avoir du temps libre et des moyens financiers en conséquence. Enfin, ce genre de "tourisme" n'a pu se déveloper qu'avec des moyens de communications assez rapides et surs. C'est pour cela que le tourisme a pris en quelque sorte son essor avec la révolution industrielle.

Tourites04Aujourd'hui le tourisme avec sa démocratisation est de plus en plus décrié et les touristes déconsidérés. Dans certaines villes européennes, se créent des associations contre le phénomène et on assiste même à des manifestations anti-touristes. Touriste, c'est quasiment devenu pour certains une insulte. On dit "touriste" comme on dit de quelqu'un que c'est un "beauf". Quelques uns, aux touristes opposent les voyageurs. Y-a-t-il une différence objective? Ou n'est ce pas là tout simplement une coqueterie pour affirmer qu'on n'est pas comme tout le monde?

Le sociologue {tooltip}Rodolphe Christin{end-texte} sociologue, essayiste, écrivain -Cliquez sur le nom pour accèder à son blog.{end-tooltip}, auteur de l'essai "Manuel de l'anti-tourisme"cliquez sur le texte pour lire l'article de ce site, voit dans le voyage une philosophie alors que le tourisme ne serait que destiné à "faire de l'argent" et d'ajouter : "le premier explore, le deuxième exploite".

Car peut-on échapper en se déplaçant à l'industrie touristique, aux clichés, aux destinations toutes prêtes et toutes faites, et aux lieux visités, aux images de carte postale. S'autoproclamer voyageur, très bien, mais comment se soustraire à l'organisation de l'industrie touristique et au flot des touristes en tout genre.

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Quelles différences entre le touriste et le voyageur. N'est-on pas toujours le touriste des autres? A y bien réfléchir, il y en a peut-être une. Le touriste a un but, le voyageur n'en a pas.

Il y a le toursime farniente. Le but recherché sera de ne rien faire mais c'est déjà un but. Ses adeptes sont le plus souvent pris en charge par des structures organisées. On les retrouve sur les plages de Tunisie, de la Cote d'Azur ou de Grèce. Il y a le tourisme exotique. On part pour rentrer dans la carte postale. C'est destination Maldives, Copacabana ou Bali. Il y a le tourisme sportif. C'est un séjour en Espagne dans un Touristes01club de golf, un trek au Népal, une randonnée au Kilimandjaro. On est là pour bouffer du dénivelé, pour une plongée dans la mer rouge ou un saut à l'élastique à Pétaouchenok. Il a le tourisme culturel. On part à l'assaut des chefs d'oeuvre. Le Colysée de Rome, les pyramides d'Egypte, les musées d'un peu partout feront l'affaire. Il y a aussi le tourisme sexuel. On part dans des pays où le niveau de vie avantageux permet de profiter de bordels pas chers. Inutile que je donne les destinations, vous les connaissez tous. Et la liste de ces variétés de tourisme n'est évidemment pas exhaustive.

Le voyageur, lui, n'a pas de but. Il part pour partir. Le chemin est plus important que la destination. Le voyageur n'a pas envie d'ailleurs, il en a besoin. Le voyage s'est son oxygène. Le départ s'impose à lui non pas comme une évidence mais comme une nécéssité.

Se pencher sur les "touristes", n'est ce pas finalement réfléchir sur nous-même. Mais est ce que ce n'est pas le propre de toutes réflexions de nous renvoyer notre image? Voici donc dans les pages qui suivent quelques "selfies".