Changer d'espace

Maison1Accueil

Air du temps

Mode de vie

LogoVoyageRails 

 

Espace : voyages

Voyage sur l'Amazone (Brésil)

Un voyage ne s'entreprend qu'à son heure. Celui-ci est pour cela, sans doute, le plus abouti de tous mes voyages par ce que j'ai découvert bien sur mais aussi et peut-être surtout par ce que j'ai ressenti. Par ce qu'il a suscité en moi de sentiments, de rêves, d'imagination, de réflexions. Pour ce qu'il a fait remonté de souvenirs heureux ou douloureux.

Je n'ai pas envie de voyage. J'en ai besoin. C'est différent. Je voyage aussi par plaisir mais surtout parce que je ne peux pas faire autrement. C'est ainsi !

Par définition un voyage vous porte ailleurs. Après coup, j'ai compris, que celui-ci, je le portais en moi.  

La légende

Une légende raconte qu’il y a bien longtemps, vivaient dans la forêt deux fiancés qui s’aimaient avec passion. Elle se nommait Lune et lui Soleil. Elle était l’eau et lui le feu. Mais s’ils s’unissaient Lune éteindrait le feu, Soleil ferait s’évaporer l’eau et le monde disparaitrait. Leur union était donc impossible. La Lune, inconsolable, pleura tant que ses larmes inondèrent les vallées et les forêts. Et des larmes de la lune,  naquit un grand fleuve.

legendeAu xvie siècle, l'explorateur espagnol Orellana parcourt l’Amérique du sud. Il découvre à ses dépens sur les bords d’un fleuve un peuple où les femmes à l’égal des hommes se révèlent de farouches guerrières. Il rapporte que ces femmes vivent séparées des hommes et ont leur propre royaume. En référence à la mythologie grecque, il désigne le fleuve comme le "fleuve des Amazones". Quelques années plus tard, au retour d’un voyage au Brésil un explorateur français, André Thevet va reprendre ce thème de femmes guerrières. Sa description est accompagnée de gravures effrayantes contribuant à alimenter la légende. Plus tard, dans un autre récit, il reviendra sur ses dires et avouera s’être laissé abuser.  Comme quoi, les légendes sont comme les promesses électorales : «elles n’engagent que ceux qui les croient».

Mais qu’importeVrai ou fausse, la légende avait fait son chemin et laissé un nom à une région et à un fleuve.

Un géographe, Gilles Lapouge a écrit : « un voyage n’existe pas, il n’est que son récit ». Alors voilà le récit d’un voyage sur l’Amazone. De Manaus et sa région à Bélem.

Manaus

Située sur le Rio Negro à la confluence avec l'Amazone, là où les eaux se rencontrent sans se mélanger durant plusieurs kilomètres, Manaus, aujourd’hui une ville de plus deux millions et demi d’habitants. C’est aussi la plus grande ville de la région et la capitale de l’Etat d’Amazonas

Fondée par les Portugais en 1669, historiquement la ville n’était qu’un petit village à la confluence du Rio Négro et de l’Amazone. Il grandit dans la seconde moitié du XIXe siècle avec la culture de l’hévéa qui produit le latex qui sert à la fabrication du caoutchouc. Le développement de l’automobile et du pneumatique va contribuer à sa richesse.

ManausPortA l’époque certains habitants y vivent dans un luxe tapageur à coté du quotidien misérable des travailleurs de l’hévéa dénommés les « seringueiros ». En plus de cela, la présence d’un port fluvial citadin va permettre les échanges maritimes et contribuer bien sur à son essor économique mais aussi culturel. On donne alors à Manaus le titre de « Paris des tropiques ».

manausTheatreDans le film de Werner Herzog, « Fitzcarraldo » , on y voit un illuminé qui rêve de construire un opéra en pleine forêt amazonienne. Et bien ce théâtre existe vraiment. Il est ici à Manaus. Il a été inauguré en 1897.

C’est un peu avant cette date qu’un explorateur britannique réussit à sortir du Brésil des graines d’hévéa. Transplantées en Indonésie et Malaisie au début du XXe siècle la production de ces régions supplante bientôt celle d’Amazonie plongeant la ville dans un marasme économique.

Aujourd’hui, Manaus offre un visage plein de contraste. Véritable île de béton au cœur de la jungle, elle a conservé de nombreux de bâtiments qui témoignent d’un passé fastueux. 

La ville nous propose également une vie animée, moderne et traditionnelle…..

Dès que l’on quitte l’aéroport on se fait immédiatement une idée de la ville. La chaleur est étouffante et humide. La température oscille entre 34 et 25 degrés. Par instant quelques gouttes de pluie. On court se mettre à l'abri. Réflexe Haut-Savoyard. Inutile c'est déjà fini.

La conduite automobile est intense, indisciplinée et débridée. La ville grouille de vie. Les rues sont envahies par les vendeurs ambulants. On vend de tout : des boissons, de la nourriture, une part d'un gâteau, acheté surement au supermarché du coin, des accessoires divers, des vêtements, de la quincaillerie etc.… Il y a même des réparateurs de téléphones portables. On trouve des rabatteurs pour vous faire entrer dans un commerce ; même chez le dentiste. Au coin d'une rue, on découvre un attroupement. Ce sont des joueurs, de cartes, de dominos ou de dames, installés sur une palette en bois. La partie semble toujours animée. Du bruit, des odeurs, des couleurs. C'est vrai les rues sont un peu sales selon nos critères européens. Les trottoirs sont défoncés. Des papiers trainent par terre. Rien à voir avec notre univers aseptisé. Mais elles sont débordantes de vie.

Par contre le soir le centre historique se vide à partir de 19 heures. Dès ce moment, on dit les rues peu sures. Il est déconseillé de s'y promener seul surtout avec des objets de valeur : smartphone, appareil photo, montres ec... Pour se déplacer le taxi est recommandé.

Le centre historique offre de nombreux endroits à visiter. On peut faire un retour vers le passé avec le théatre-opéra Amazonas qui est ouvert à la visite. Le marché couvert nous offre son animation avec son bazar, ses restaurants et sa halle aux poissons où l'on peut entre autre acheter du "Piracuru" un poisson énorme et qui une fois dépecé ressemble à de la morue. Le "bacalo de l'Amazone". Il ne faut pas manquer l'agitation du port d'où partent les bateaux qui sillonnent l'Amazone et le Rio Negro. L'agitation est à son comble au moment des départs. La foule s'y presse au milieu d'une multitude de camions chargeants et déchargeants les marchandises que les bateaux transportent en plus des passagers. Et puis, il y a la place Matriz avec son cortége de bus et de vendeurs ambulants. Et encore les rues où il fait bon se ballader et se perdre. Car comme de partout ailleurs s'est bien en se perdant que l'on trouve. Tout dépend évidemment de ce que l'on cherche.

 IMG 0251  IMG 0256  IMG 0260  IMG 0261
 IMG 0262 IMG 0268   IMG 0270  IMG 0274

  cliquez sur les images pour les agrandir

Aux environs de Manaus se trouve "Ponta Negra", une plage dans un quartier huppé. Le site vaut le déplacement pour sa tranquilité et pour se reposer de la vie bruyante du centre de Manaus. La vue aussi est sympathique. De plus, de "Ponta Negra", on peut prendre un petit bateau pour se rendre sur une autre plage beaucoup sauvage, la "praia de Lua", enfin d'après ce que l'on m'a raconté surtout hors saison et hors week-end. A la saison des pluies, la plage est complètement noyée. Le Rio negro la recouvre en totalité et les petites cabanons des vendeurs de boisson également.

villemilieueauxPour découvrir Manaus en lecture, vous pouvez vous reporter à l'ouvrage de Milton Hatoum : "Une ville au milieu des eaux", paru en 2018 aux éditions Actes Sud.

Ce livre est un recueil de quatorze nouvelles dont la plupart se déroulent à Manaus, ville natale de l’auteur. Ville cosmopolite riche de son passé où la vie de la cité moderne n'est jamais loin de l'univers mystérieux de la forêt.

Le point de vue de l'éditeur : "À l’épicentre géographique, imaginaire ou affectif de ces courtes nouvelles, délicates et nostalgiques : Manaus, la capitale amazonienne de la démesure, le terreau littéraire de Milton Hatoum – “où que j’aille, Manaus me poursuit”. Si nombre de ces histoires reflètent les pérégrinations de leur auteur entre Paris, Barcelone ou San Francisco, l’errance physique ou existentielle qui détermine leurs personnages porte le sceau de la nostalgie des origines, du bonheur fugace de l’enfance perdue. Parce que cette ville mythique, à la fois une chance et une fatalité, est celle de l’éternel retour, le pan de mémoire où chacun peut recomposer son existence, elle incarne aussi la défaite face au temps qui passe et les désirs irrémédiablement vaincus."

Le livre débute par ces phrases qui donnent le ton à l'ouvrage :"Les vérandas d'Eva : c'était le nom. L'endroit n'était pas loin du port mais à cette époque-là on n'avait pas la même notion des distances. Le temps était plus long, plus lent, on ne comptait pas les minutes et les heures en craignant de les gaspiller. On se fichait de la veillesse, et même de l'idée de veillir ; on vivait perdu dans le temps, dans les après-midi étouffants, indolents, que la moiteur immobilisait"

La forêt

La forêt n’est jamais loin de Manaus. Je prends une embarcation qui me fait traverser le Rio Negro. Sur la rive opposée, j’arrive dans un petit port. Quelques commerces pour se ravitailler. J’attrape un mini bus pour continuer le trajet. Une route d’abord goudronnée puis une piste me conduit jusqu’à un bras de rivière. Une embarcation prend le relai et le voyage continue. 

On navigue sur un cours d’eau puis un autre. Affluent du Rio Négro ? Affluent d’un affluent ? Je m’y perd. Et ça tombe bien, j’étais venu pour ça. L’eau est partout. Les berges sont peuplés d’habitations isolées ou regroupées en villages. Villages enfin quelques maisons rassemblées. Bien que l’eau ne soit pas à cette époque (octobre) à son plus haut niveau, la végétation est noyée par endroit. La forêt se reflette dans l’eau. Tout apparait sans dessus dessous  comme pour nous entrainer dans un monde parallèle.

Pendant que la barque glisse sur une rivière étroite ou plus large, je me dis….

”Je suis parti bien décidé à faire ce que j’ai toujours eu envie de faire…. c’est à dire RIEN. 

Regarder tomber la pluie. 

Flâner sur une plage. 

Se laisser porter au rythme d’un canoë. 

Observer un vol d’oiseaux. 

S’égarer sur les bords d’un fleuve. 

Plonger dans l’agitation des villes. 

Ou plus simplement profiter du moment qui s’offre.”

Mon esprit se pose sur tout et rien avec insouciance. Le monde pourrait s’arrêter sans que je n’y prenne garde.

L’auteur Milton Hatoum que j’ai déjà évoqué et ses bouquins devaient me suivre durant tout mon voyage. Si j’ai choisi ce coin du monde, l’Amazone, c’est justement en lisant un passage d’un de ses livres : « …à cette époque-là …. Le temps était plus long, plus lent, on ne comptait pas les minutes et les heures en craignant de les gaspiller … on vivait perdus dans le temps, dans les après-midi étouffants, indolents, que la moiteur immobilisait. »

Une balade en forêt. Précédé d’un guide. Ici, il n’y a pas de sentier. Pas de panneaux indicateurs pour nous signaler où aller. On marche. On observe. On écoute. On écarte la végétation pour se dégager un chemin. On enjambe des arbres couchés. La nature semble généreuse même si elle doit être impitoyable. Et puis, on continu jusqu’à un lieu dégagé où l’on se dit qu’il serait temps d’organiser le bivouac pour la nuit. On monte les hamacs que l’on abrite de bâches plastiques en prévision de la pluie.

Et ensuite, on reprend la barque pour aller acheter quelques provisions et aussi quelques bières, quand même. L’épicerie est une maison flottante isolée sur la rivière. Le supermarché du coin en quelque sorte. Au retour, alors que le jour s’assombri, on s’arrête dans un village. Oh ! Quatre maisons. On apporte un colis. Ici, on est tout à fois, taxi, facteur etc. Les distances entre les habitations sont grandes et la bateau est le seule moyen de communication. Le téléphone passe mais pas internet. 

La nuit s’est installée. On prend des bras de rivières. Des iguarapés comme on les nomme ici. On observe. On écoute le silence, c’est à dire des oiseaux, des insectes, le clapotis de la barque sur l’eau, le souffle de la brise. On ne dit pas un mot. Caiman1De toute façon, il n’y a rien à dire. Toute parole serait superflue. Comme souvent ! Un coup de torche électrique et l’on découvre un caïman qui affleure à peine de l’eau. Immobile. Et puis notre guide l’attrape. Comment a-t-il fait ? Il me le pose dans les mains. Je n’ai rien vu venir. On le remet à l’eau après avoir pris une photo, histoire d’impressionner mes petites-filles à mon retour.

On retrouve le camp. Il est temps de préparer le repas du soir. On allume un feu de camp pour s’éclairer et pour cuire les aliments. Poissons, saucisses et puis voilà. Frugale. Mais ouf ! On a les bières posées là devant nous. Elles ne savent pas qu’elles vivent leurs derniers instants. Le temps semble ne plus exister. La chaleur commence à diminuer. Rien ne semble important. Rien ne se passe. Seulement le craquement des arbres, le chant des insectes, Je me dis que c’est en échappant à la morsure du temps que l’on s’aperçoit qu’on ne le perd jamais… surtout à ne rien faire. Que venir chercher ici… le silence… la solitude même pas… rien tout simplement. Ne rien chercher, ne rien vouloir…  c’est fou comme ça repose. Pour un peu, si on n’y prenait garde, on pourrait presque être heureux par inadvertance.

Et puis, la nuit avance et quelques bières plus tard, c’est le moment de dormir pour changer de rêve.

Le lendemain, la réalité reprend son emprise. Petit dej. Démontage du camp. Rangement. Important de ne pas laisser de trace de notre passage. Retour à la barque. On navigue jusqu’à une habitation isolée située sur les hauteurs d’une berge. Ici les crues de la rivière peuvent être dévastatrices. La maison est construite sur une parcelle déforestée. Mais la forêt est derrière nous toujours présente. On couchera là cette nuit. On installera les hamacs ce soir après le repas.

On part en canoë cette fois sur un autre cours d’eau. Il n’y a que ça ici. On navigue au travers de la végétation noyée. Seul le sommet des arbres affleurent de l’eau. Et encore c’est l’époque des basses eaux. Cela donne une idée de l’ampleur des pluies qui provoqueront les crues dans quelques semaines. Le canoë glisse lentement. Seul les coups de rames viennent troubler le silence. Les berges sont luxuriantes. C’est le vert qui domine. La végétation qui borde la rivière ne laisse pas deviner ce qu’il y a derrière. Tout apparait mystérieux. On devine. On laisse libre cours à son imagination. On savoure ce moment où l’on a rien d’autre à faire que de regarder un monde qui se répète. On n’est plus comptable du temps ni de savoir comment on va l’occuper. On s’occupe d'un rien. 

On s’arrête en prenant soin d’être à l’ombre. Quelques canes à pêche sommairement bricoler feront l’affaire. Au bout de l’hameçon on place un morceau de poisson. Et hop ! C’est la pêche aux piranhas. La touche est immédiate mais malchance ou maladresse le poisson nous échappe. Finalement à force de patience, on attrape malgré tout quatre spécimens. On les mangera ce soir. On continue à se laisser glisser sur l’eau. On s’est perçu de rien, il y est déjà le soir. 

On rentre. Le soir à repris ces droits. Le repas se sera piranhas grillés. Beaucoup trop d’arêtes mais c’est notre pêche. Alors tout est bon. Les hamacs nous attendent. Demain sera un autre jour. On verra bien !

Voyager ce n’est pas courir après des richesses, des monuments, des paysages ou des populations exotiques. Voyager, ce n’est pas planifier d’interminables itinéraires en cochant des croix sur une liste d’endroits à visiter. Le voyage n’est pas un exercice encyclopédique. Le voyage c’est une aventure pas un inventaire.

En suivant l'Amazone (en cours de rédaction)

Cras dictum. Pellentesque habitant morbi tristique senectus et netus et malesuada fames ac turpis egestas. Vestibulum ante ipsum primis in faucibus orci luctus et ultrices posuere cubilia Curae; Aenean lacinia mauris vel est.

Suspendisse eu nisl. Nullam ut libero. Integer dignissim consequat lectus. Class aptent taciti sociosqu ad litora torquent per conubia nostra, per inceptos himenaeos.

Entre le fleuve et l'imaginaire (en cours de rédaction)

Lorem Ipsum ...

Richard Jean Pierre

Retour vers...
Espace Voyages
Espaces Voyages

 _______________________

 _______________________