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Air du temps

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Repaires... repères.  -   Au fil des jours

Page en construction. A bientôt

Je livre ici comme l'écrit, Mohamed Mbougar Sarr, dans "La plus secrète mémoire des hommes" : "[...] la patrie de l'intérieur, celles des souvenirs chaleureux et celle des ténèbres glacés, [...]

  1. Pour tout dire
  2. Gerland, la photo
  3. A suivre...

On éprouve le besoin de mettre en mots nos souvenirs, nos émotions, nos joies, nos réussites, nos déceptions et nos échecs parfois. Mais les mots ne sont pas toujours au rendez-vous pour témoigner de ce que nous avons vu et ressenti. Alors, nous cherchons à inventer un récit, avec la tentation de décrire non pas avec objectivité, mais en cherchant une cohérence qui réinterprète, avec bonne foi, des évènements, des lieux, des rencontres, pour restituer les apparences de la réalité, avec toute la sincérité du mensonge. 

 La narration prend le chemin d’un vécu arrangé pour s’approcher du réel. La narration a souvent besoin d’artifices pour dire la vérité un peu comme on se réfugie dans l’obscurité pour mieux voir quand la lumière nous aveugle. Le mensonge, c’est l’ombre de la vérité. Raconter c’est établir une relation entre la réalité du monde et nos images intérieurs, entre le monde extérieur et l’interprétation que nous en faisons.

Je commencerai par mon père. Je garde en mémoire l’image d’une photographie. Mon père me tient la main. Nous sommes devant le stade de Gerland à Lyon. 

Mon père est Stéphanois. Je suis Lyonnais. Chaque année, nous allions assister au derby Lyon-Saint-Etienne. L’ambiance était bon enfant. Les supporters des deux camps rassemblés. J’allais écrire mélangés. On se chahute, on se «chambre» par rapport à ce qui se passe sur le terrain. On chante, on encourage. Il arrive que deux excités en viennent aux mains. Aussitôt, des supporters des deux camps se précipitent, les séparent en les rappelant à plus de civilié et d'esprit sportif. Voilà, l’incident est déjà terminé comme si rien ne s’était passé. 

Et puis, le match, arrive à son terme. On rentre chez soi, heureux ou déçu selon l’équipe qui a gagné. Mon père qui penche plutôt pour l’équipe de Saint-Etienne est satisfait si les «verts» on gagné. Mais il est encore plus heureux devant ma joie si c’est Lyon qui a la victoire. Finalement, il gagne à chaque fois.

Aujourd’hui un Lyon-Saint-Etienne s’apparente à une guerre (mais également d’autres rencontres de foot-ball). On a séparé les hordes groupes de supporters, établit un protocole de sécurité pour l’arrivée, pour l’attribution des places et pour quitter le stade. On a placé, parait-il, 300 caméras, visualisées constamment par des observateurs. Le terrain est entouré par des «stadiers» qui surveillent en permanence les tribunes. N’oublions pas non plus la police mobilisée en nombre pour la circonstances. Aujourd'hui, ce n'est plus que violences, invectives, insultes que l'on a bien du mal à contenir. On crie presque victoire quand on a évité l'envahissement du terrain pour s'en prendre à l'arbitre, aux joueurs adversaires voir à l'équipe que l'on supporte. Pendant combien de temps encore va-t-on devoir supporter ces "supporters" ?

C’est  à Lyon. C’est à Saint-Etienne…. C’est partout en France et ailleurs. (1°

Voilà ! Qu’est ce qui s’est passé en 60 ans pour en arriver à un tel «ensauvagement», à une telle démesure.

C’est à ne plus rien comprendre, à ne plus rien reconnaitre. Heureusement, il me reste la photo.

 

(1) jeudi 8 septembe 2022 : incidents lors qu match Nice-Cologne. Dessupporter allemands ont quitté qui leur était réservée pour venir en découdre avec les supporters niçois

A bientôt

lecteur1  disque33  pellicule031  VU - LU - ENTENDU

Les livres, les films, les chansons, les auteurs/compositeursque j'ai découvert adolescent qui ont laissé une trace et m'ont aidé à survivre. Les auteurs, que j'ai cotoyé plus tard et qui ont compté pour moi et qui pour la plupart comptent encore aujourd'hui. Chaque livre, chaque film, chaque chansons, chaque auteur raconte pour moi un moment, une histoire.

Tiré du livre de Mohamed Mbougar Sarr, "La plus secrète mémoire des hommes".

"Mais soit me disais-je, soit ; j'écrirais donc comme on trahit son pays, c'est à dire, comme on se choisit pour terre non le pays natal mais le pays fatal, la patrie à laquelle notre vie profonde nous destine depuis toujours, la patrie de l'intérieur, celles des souvenirs chaleureux et celle des ténèbres glacés, la patrie des rêves premiers, la patrie des peurs et des hontes ruisselants en troupeau sur le flanc de l'âme, [...] Quelle est donc cette patrie ? Tu l'as connais : c'est évidemment la patrie des livres : les livres lus et aimés, les livres lus et honnis, les livres qu'on rêve d'écrire, les livres insignifiants qu'on a oubliés et dont on ne sait même plus si on les a ouverts un jour, les livres qu'on prétend avoir lus, les livres qu'on ne lira jamais mais dont on ne se séparerait pas non plus pour rien au monde, les livres qui attendent leur heure dans une nuit patiente, avant le crépuscule éblouissant des lectures de l'aube."